Résumé :
« Tu n’auras nulle part où te cacher. Je serai là. Partout. »
Depuis dix ans, Harry Miller traque Frank Lombardo à travers les États-Unis.
Il le laisse disparaître. Changer de ville. Recommencer une vie.
Et puis, quand Frank croit enfin être libre, le piège se referme. Une nouvelle fois.
Pourquoi cet acharnement ?
Dans la guerre que se livrent ces deux hommes, une enquêtrice, Leah, est rongée par le doute.
Qui est le chasseur… qui est la proie ?
Et si le véritable piège n’était pas celui que l’on croit ?

Mon avis :
Sur le papier, Le Piège avait pourtant tout pour me plaire : une traque qui s’étend sur plusieurs années, une vengeance qui devient obsessionnelle et, surtout, une frontière de plus en plus trouble entre victime et bourreau.
C’est d’ailleurs cet aspect psychologique qui m’a le plus intéressée. Au départ, les rôles semblent clairement définis. Frank est responsable de la mort d’une femme avec laquelle il entretenait une liaison, tandis que Harry, le mari, apparaît comme celui dont la vie a été détruite. Pourtant, au fil de sa vengeance, mon regard sur les deux hommes s’est progressivement inversé. À mesure que Harry s’acharne à détruire tout ce que Frank tente de reconstruire, allant jusqu’à s’en prendre à ceux qui l’entourent, j’ai fini par éprouver davantage d’empathie pour celui qui était pourtant le coupable au départ que pour celui qui était initialement la victime.
Cette inversion des rôles et la réflexion qu’elle entraîne autour de la vengeance, de la culpabilité et de la justice constituent pour moi le véritable intérêt du roman.
Malheureusement, cela n’a pas suffi à m’emporter.
J’ai trouvé la construction extrêmement répétitive. Les années passent, Frank tente de reconstruire sa vie, Harry le retrouve et une nouvelle étape de la vengeance commence. Puis le même mécanisme se remet en place. Là où cette répétition aurait pu renforcer l’impression d’une traque interminable, elle a eu sur moi l’effet inverse : progressivement, la tension s’est émoussée et ma lecture est devenue de plus en plus laborieuse.
C’est finalement ce que je retiens surtout de Le Piège : une très bonne idée de départ et un véritable potentiel psychologique, mais une intrigue qui m’a semblé trop étirée et redondante pour maintenir mon intérêt. Je n’ai jamais réellement réussi à entrer dans cette histoire ni à ressentir cette envie de tourner les pages que j’attends particulièrement d’un thriller.
Ce n’est pas un roman que je qualifierais de mauvais. Il y a même des éléments que j’ai trouvés particulièrement intéressants, notamment ce glissement progressif entre coupable, victime et bourreau. Mais la rencontre avec moi, lectrice, n’a tout simplement pas eu lieu.
Et parfois, c’est peut-être encore plus frustrant qu’un livre que l’on déteste franchement : reconnaître les qualités d’une histoire tout en restant désespérément à sa porte.