Mes lectures : Les Effacées de Bernard Minier

« IL EST DES LIEUX d’où tout espoir est absent. Elle regarda l’aube hivernale à travers le pare-brise et la brume, la plage en croissant et, tout au bout, les maisons en granit émergeant du brouillard »

Résumé :

DEUX TUEURS. DEUX MONDES

UNE DOUBLE MENACE

En Galice, un tueur kidnappe des femmes qui se lèvent tôt pour aller travailler. Des invisibles. Des effacées.

À Madrid, un autre assassin s’en prend à des milliardaires et laisse sur les murs de leurs résidences ce message :  » TUONS LES RICHES « .

Deux tueurs. Deux mondes. Et le spectre d’un embrasement général, d’une confrontation de classes inédite et explosive.

Les enjeux, qui se dévoilent peu à peu à Lucia Guerrero, enquêtrice de la Guardia civil, sont vertigineux.

Quand, à son tour, elle reçoit les messages d’un expéditeur anonyme, la question se pose : serait-elle devenue un simple jouet entre les mains des deux tueurs ?

 

« En sortant sur le balcon pour contempler la rue endormie, elle se répéta ce qu’elle s’était dit plus tôt dans la journée : elle n’avait pas affaire à un mais deux tueurs redoutables. Un qui haïssait les femmes. L’autre qui détestait les riches. »

 

« Il y a chez l’homme un besoin constant de dissoudre son intelligence individuelle dans la stupidité ovine du troupeau. »

 

Mon avis : 

Après être tombée sous le charme (glacé) de Lucia dans le premier tome de la saga éponyme signée Bernard Minier, j’attendais ce deuxième volet comme un serial killer attend l’heure du crime.

Quel bonheur de retrouver cette enquêtrice de la Guardia Civil, toujours aussi tenace, et j’espère qu’on grattera un peu plus la surface de ce personnage fascinant dans les prochains tomes. Cette fois, elle nous embarque dans deux enquêtes parallèles, aux scènes de crime joliment sanglantes, mises en images avec un sens du détail qui ferait pâlir un réalisateur de thriller scandinave.

Ça nous mène au seul petit hic dans ce roman : Pourquoi caser deux affaires criminelles en même temps ? Je vois bien l’intention politique derrière, (montrer l’écart abyssal entre les victimes selon qu’elles aient un compte en Suisse ou juste une carte de fidélité Lidl) mais du coup, on survole un peu tout. Résultat : difficile de s’investir pleinement dans l’une ou l’autre. Honnêtement, la lectrice que je suis a laissé tomber la première enquête encore plus vite que Lucia elle-même. Et c’est triste, parce que cette histoire-là méritait clairement mieux qu’un traitement en coup de pelle.

Même avec ce petit défaut, cela reste un bon thriller : l’action est présente, le rythme soutenu, la tension palpable, le style d’écriture très visuel, presque cinématographique. C’est un vrai page turner.

Les âmes sensibles, accrochez-vous. Ici, les crimes sont décrits avec une précision chirurgicale (et tout aussi sanglante), les scènes vous collent à la peau comme une nuit humide dans une ruelle glauque. Entre pluie battante, neige traîtresse et ambiance digne d’un cauchemar bien écrit, ce roman ne vous laissera aucun répit… mais vous allez adorer ça.

L’écriture, fidèle à elle-même, coule avec la grâce d’un cadavre dans la Tamise : fluide, précise, et diablement efficace pour planter un décor aussi réaliste qu’un interrogatoire sous néons blafards. Les personnages sont toujours aussi plaisants, même si parfois un peu caricaturaux. Lucia est mon coup de coeur de ces dernières années, elle est tellement touchante derrière sa carapace de guerrière.

Et une fin qui sent bon la rechute littéraire… Vivement la prochaine dose de Lucia.

 

Satisfaction : 85%

 

« Nous sommes tous le produit de nos gènes, de notre éducation et de notre passé, mais que ça n’enlève rien à notre responsabilité. »

 

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