Il y a des séries qu’on regarde.
Et puis il y a celles qui nous précèdent.

Les Gens de Mogador, je ne les ai pas découverts lors de leur première diffusion. Je suis née en 1975. Mais la série faisait déjà partie de la vie de ma mère. Et d’une certaine façon, elle faisait déjà partie de la mienne.
C’est là qu’elle a entendu un prénom.
Un prénom de fiction.
Un prénom de saga.
Ludivine.

Un prénom avant l’enfant
Dans Les Gens de Mogador, le prénom s’écrit Ludivine.
Ma mère, elle, l’a transformé.
Elle y a glissé un W.
Et c’est ainsi que je suis devenue Ludiwine.
Je n’ai pas hérité d’un prénom familial.
Ni d’un prénom à la mode.
J’ai hérité d’un prénom né d’une émotion télévisuelle, d’un attachement, d’un personnage qui avait compté pour elle.
La série, plus tard, ensemble
Des années après la première diffusion, Mogador a été rediffusé.
Et cette fois-là, j’étais là.
J’étais encore enfant, moins de dix ans.
Assise à côté de ma mère.
À regarder cette saga qu’elle connaissait déjà.
C’est à ce moment-là qu’elle me l’a dit.
Que mon prénom venait de cette série.
Que Ludivine, dans Mogador, était à l’origine de mon prénom à moi.
Il y a des révélations qui passent inaperçues.
Et puis il y a celles qui s’installent doucement, sans bruit.
Grandir avec un prénom qui a une origine
Pendant longtemps, mon prénom était juste… mon prénom.
Un peu rare.
Un peu à part.
Puis il est devenu une histoire.
Une histoire de fiction, de transmission, de lien.
Je n’ai pas seulement reçu un prénom.
J’ai reçu un fragment de ce que ma mère avait aimé.
Un morceau de son imaginaire.
Un souvenir télévisuel devenu réel.

Mogador comme lien mère-fille
Je n’ai pas grandi avec Mogador comme une madeleine de nostalgie.
Je l’ai découvert avec ma mère, plus tard, dans le temps du partage.
Ce n’était pas “sa” série.
Ce n’était pas “la mienne”.
C’était un moment commun.
Un moment où une fiction faisait le lien entre deux générations.
Où une histoire d’hier rencontrait une enfant d’aujourd’hui.
Je ne suis pas née avec Mogador.
Mais Mogador était déjà là.
Et parfois, ça suffit pour que ça compte.
émouvant ton article.
Oh merci 😁